30 novembre 2008
LANDLORD # 52

VITE ! C'EST L'HEURE DE MON FEUILLETON !!!

52. Apéro.
— Baldred, savez-vous qui se trouve au château en ce moment, en dehors
d’Etherlithe ?
— Il est arrivé quelque chose, non ? Vous avez vu quelqu’un ?
— Je n’ai vu personne, no Beaudit.
—Et bien moi non plus. Nobody. J’ai à peine croisé la Mac Beal et son escadron
mobile en opération quelque part vers l’est, j’ai d’ailleurs demandé à Billie de nous
rejoindre ici. C’est tout, personne d’autre. Sauf le jardinier qui changeait les fleurs des
vases du grand salon, sommes-nous déjà allés dans le grand salon ?
— Je ne crois pas...
—Il faudra y aller un de ces jours, sinon personne, à part John, Burton, le steward,
Thomas ?
— Je ne crois pas connaître ces trois-là...
— C’est comme la Trinité, vous les connaissez en une seule personne : John Burton le
steward. Il venait déposer le courrier, sinon rien, le Révérend, qui demandait si vous
vouliez faire un tour de l’île avec lui, quand vous voulez, un de ces jours, demain, à
dix heures. Thomas ?
— Putain, c’est le palais des courants d’air ici, vous êtes sûr de n’avoir oublié
personne ?
— Il est arrivé quelque chose, vous êtes tendu comme le slip d’un jeune marié.
Voyons, n’ai-je oublié personne... Non, à part Betty Burke, personne.
— Betty Burke était ici ? Et vous ne le disiez pas ?
— Je vous ai dit en entrant que j’avais une nouvelle. J’avais mis dans ma voix l’exacte
dose de vibrato érotique, je pensais que vous aviez compris. Or vous ne l’avez pas
senti, j’en déduis qu’il s’est passé ici quelque chose. Cette coupure d’électricité...
Mettez ce peignoir vous frissonnez.
— Et si... elle vous a parlé ?
— N’en déplaise à Votre Grandiose Seigneurie, il arrive que des femmes adressent la
parole à votre humble secrétaire. Oui, ses lèvres, avez-vous remarqué qu’elles
dessinent les ailes d’un mince oiseau des mers, ont laissé échapper quelques mots...
Elle m’a dit, à moi Baldred B. Baxter, en me regardant avec ses yeux d’un bleu dont
nous reparlerons, elle m’a dit...
— Vous êtes bon en accents, Baldred ?
— Pardon ?
— Oui, êtes-vous attentif aux plus discrètes influences qui peuvent révéler l’origine
précise d’un individu, son pays, sa région, l’origine de sa famille.
— Thomas, vous me scier en long et en tranches, vous ne voulez pas savoir ce qu’a dit
Betty ?
— J’aimerais d’abord savoir comment elle l’a dit. Alors, vous êtes bon en accents ?
— Les îles britanniques comptent plus d’accents que votre pays de fromage. Dans les
cinq langues que je pratique le mieux, oui, je suis plutôt bon. Sans aller, comme
Arletty jusqu’à reconnaître le natif de Belleville de celui de Menilmontant, je peux
vous dire que vos origines écossaises sont habilement et complètement dissimulées
sous un accent parigo-algero-bordelais à couper au couteau.
— Purée, ça s’entend tant que ça ? Bon, et concernant Betty ?
— Plus difficile. Les meilleures écoles. Londres, Genève, traces d’Etats-Unis, côte est.
Sa langue est moins géographique que sociale. Tout en haut.
— Canada ?
— Canada ? Quelle drôle d’idée, quel Canada ?
—Français...
— Il s’est donc bien passé quelque chose ici, quelque chose de québécois. Pour Betty,
rien de décelable, tout est possible. On peut tout cacher sous l’accent d’Oxford. Ah, je
crois que j’entends l’apéro.
— Qu’a-t-elle dit ?
— Ah ! Aethelfrith, par ici mon ami. Nous allons vous aider.
Le butler fit son entrée, ployant sous le joug d’une palanche supportant aux
deux extrémités deux seaux en bois. Il posa son fardeau près de la table.
— Votre Grâce désire-t-elle un rafraîchissement ?
— Volontiers Estefrich, un whisky merci, c’est très ingénieux votre système.
— Aethelfrith, merci Votre Grâce. La topographie particulière du château interdit
souvent l’usage de la desserte à roulettes. C’est monsieur Ba qui m’a suggéré d’utiliser
cet instrument en usage dans son pays.
Il sortit du premier seau une bouteille et, encouragé par Baldred, deux verres.
Du deuxième seau, il tira de petits paniers superposés d’où s’échappait une petite
fumée odorante.
— Monsieur Ba a confectionné quelques spécialités à la vapeur pour l’apéritif, Mais si
Votre Grâce préfère les cacahuètes...
— Non merci, cela ira très bien. Savez-vous ce qui est arrivé à l'électricité.
— L'électricité votre grâce ? Sans doute l’orage, MacMillan a fait merveille, la
coupure n’a duré que quelques minutes.
— MacMillan ? Ah oui, l’homme aux pigeons, Il est également électricien ?
— Cela est bien d’autres choses. Il assure les menus travaux dans tout le château.
— Merci. Ah, Pourrions nous dîner dans le grand salon ? On me l’a recommandé.
Aethelfrith assura que c’était possible et après avoir indiqué un itinéraire
relativement simple, il se retira.
—Baldred, qu’a-t-elle dit ?
—héhon héhèho.
— Je n’en crois pas un mot.
— Je disais, c’est bon mais c’est chaud, on dirait qu’on mange un nuage au poisson.
Goûtez, c’est un régal. Oui, bon. Elle a demandé si nous pouvions dîner chez elle
demain soir ! Aha ! Moi et vous, qu’en pensez-vous ?
— C’est une crevette, un nuage à la crevette. Pour simplifiez, Betty m’invite à dîner.
Moi, purement et simplement.
— La vérité est rarement pure, et jamais simple.
— Raymond Barre ?
— Non, Oscar Wilde. J’ai dit que nous enverrons un pigeon dans la matinée. Ce ne
sont pas de bonnes nouvelles ça ?
— Je l’espère... Si. Merci Baldred, c’est simplement que le mot demain, depuis que je
suis ici est devenu un mot assez difficile. J’ai pu réfléchir avant votre arrivée et j’ai pris une décision...
— Nous quittons l’île avant ou après le dîner chez miss Burke ?
— Laissez moi réfléchir. Du crabe, c’est du crabe. On ne quitte rien, on attaque, ce
soir c’est la guerre. Il y a dans le bureau toutes les armes nécessaires, du crucifix au
revolver, et encore je n’ai pas tout vu. Demain matin, vous savez ce que vous
trouverez ?
— Du hachis. Du hachis de homard, c’est trop fin pour être du crabe. Ne parlons pas
de vos petits levers,Thomas, j’en ai déjà trop vu.
— Je crains que vous n’ayez encore rien vu.
— Je le crains aussi, encore un verre ?
—Euh non, je ne suis pas sûr d’avoir bien compris les indications pour trouver le
grand salon. Restons sobre. Je tiens à faire honneur au repas de monsieur Ba, ces
petites bouchées à la vapeur sont exquises. Du homard ? Non, de la lotte ? Baldred,
connaissez-vous maître Soumiani ?
28 novembre 2008
THE FRENCH RIVIERA # 1
on s'était enfin retrouvés à Paris et en vacances avec mon frère et maman après nos trop lointaines indiennes aventures .
Et après me direz-vous ......
Et bien après Le grand tout-en-un ne supportant pas le climat Parisien vu qu' il était né à Madagascar et qu'il ne supportait pas le froid ,
on s'installe à Nice .....
Mais oui !! évidement plus on est loin les uns des autres , mieux c'est ....
Voilà où mène " la route la plus directe " de mon chaud Bengale anglophone directement à Nice ,sa promenade des Anglais , sa rue Gounot ,son chaud accent du sud , son mimosa , ses fruits confits et la mer qu'on voit danser le long des golfes clairs........
Autant dire qu'une fois de plus , me voilà encore à essayer de comprendre une nouvelle langue pareille , mais pas pareille .
Determiné à me donner une bonne éducation , Le grand - tout m'inscrit chez les soeurs "Jeanne de France " Quasi "les oiseaux"
.......
en 11éme ,en
uniforme gris ......
j'ai 7 ans ,je parle 3 langues , j'ai appris les chiffres et les lettres , la droite et la gauche en anglais ,je ne sais pas encore lire ,pour le reste je sais plein de choses qui ne servent à rien , par exemple la gym bengali , comment choisir un poulet vivant au marché , ici ils sont déjà mort et sans plume ,choisir une bonne mangue , faire gaffe où marcher en frappant les mains, histoire d'éviter les serpents ............
mais je m'applique et les 9éme ( CE 2 ) sont immenses et m'impressionnent beaucoup
une lettre dessin raconte à ma mère comment je suis installé dans notre nouvelle
maison , c'est un peu idéalisé mais je me souviens très bien du papier en toile de jouy
que je regarde tout les jours au réveil , des bergères , des moutons , des bosquets .
j'y vois dans les arbres des contours et des formes qui représentent des choses plus familières, des femmes en sari , des chiens maigres, des plantes ......
je découvre que l'on peut regarder et voir : ce qui est très , très différent .
27 novembre 2008
Un petit morceau me trotte dans la tête .....
pour fêter les 2 ans du Petit Bazar de Betsileo !! Champagne et Bowie dans un petit costard turquoise des plus biquet ...
22 novembre 2008
LANDLORD # 51

51. Le k du palais mou.
— Qu... Qu...Qui... Demanda Thomas en accélérant ses mouvements pour
rester à la surface avant de boire la tasse. Tandis qu’il s’étouffait,
quelque part dans une des rares régions encore paisible de son cerveau,
quelques neurones fonctionnaient encore au milieu du naufrage du Titanic
cérébral que vivait le Landlord à cet instant. Un nouvel éclair ratissa
le ciel noir, transformant la luxueuse piscine en cauchemar noir et blanc,
tandis que les derniers échos de la voix sépulcrale s’éteignaient....
Une minute... Une voix sépulcrale...?
Avec les chaudes intonations d’une animatrice de FIP susurrant l’état
du périphérique extérieur ? Avec une pointe d’accent québécois ?
Il cessa de baratter l’eau tiède et s’aperçut qu’il ne flottait pas
moins bien. Il ne connaissait rien de moins inquiétant que l’accent
québécois. Il devait pourtant bien y avoir quelques salauds au Canada
français, des psychopathes, au moins un serial killer, et des fantômes
vengeurs. Il n’y avait statistiquement, historiquement, génétiquement
aucune raison qu’il se méfie moins de la voix d’une hôtesse de l’air de
QuebecAir que des vomissements gaéliques de Macforthy. Et pourtant, il se
sentit rassuré. Il profita d’une pause dans l’orage pour aller au bout
de sa pensée :
— Qu... Qu... Qui êtes-vous ?
— Annie Beaudit. Ecoute, on n’a pas beaucoup de temps avant qu’ils ne
s’aperçoivent que j’ai tout bousillé l'électricité.
— Annie Beaudit... C’est vous Audrey ?
— Non, Audrey a pris beaucoup de risques en te faisant passer le message, moi
je suis la fille de l’aéroport
—La fille avec l’humérus ?
— Quoi ?
— La boucle d’oreille, le serpent
— Oui, c’est ça. Je...
— C’était qui D. Anger ?
—...
— Vous êtes là, allo Annie Beaudit ? Le nom sur la pancarte !
— Oui... Seigneur ! Pas Di. Angueur...! Danger ! En français de France : danger !
Attention ! Alarme ! Gaffe ! C’était un avertissement, tu le fais exprès de rien
capter ? C’est pas vrai, je le crois pas.
La voix était devenue plus sèche. Thomas rougit dans l’ombre, putain,
danger ! Pas Donald ou Denis Anger. Il chercha désespérément quelque chose
pour chasser le ton de profonde déception qu’avait pris la voix.
— Vous avez vu comment je me suis débarrassé de B... B... Bob ?
— Bob devait juste t’escorter, je ne crois pas que ce soit Le B.
— Comment, vous ne croyez pas ?
— Nous n’avons pas beaucoup de temps, écoute bien, sans te noyer.
— Ca va, je suis un crétin qui sait nager.
— Chut. Je suis journaliste, un homme a disparu chez nous. Un peu par hasard
je me suis entêtée à cette affaire. Mon reportage est devenue une enquête, je suis
tombée sur Glaymore, Brian Bruce et cette histoire de Landlord.
— Et... vous avez découvert que tout est faux ?
— Non, Tout est vrai, sauf quelques détails. Sir Lawrence, par exemple...
— Il n’est pas mort ?
— Si, très mort, mais quelques semaines plus tôt que la date qu’ils vous ont
donnée. Pourquoi, puisqu’il vous avait désigné comme héritier ?
—Je ne sais pas.
— Nagez. Bibi est bien avocat, mais pas Soumiani.
— Qu... Qu... Que...
— Respirez. Aucun avocat de ce nom n’est inscrit au barreau de Paris, ni
d’ailleurs. En revanche Inaimous Jean-Claude est un comédien qui a eu une
petite notoriété il y a dix ans dans les rôles de notaire véreux, d’avocat
corrompu, de truand en col blanc. Ma copine Audrey l’a rencontré sur un
casting.
— Qu... Qu... Qu...oi ?
— Recrachez. Je surveillais Bruce, et j’ai trouvé étrange qu’un avocat fasse
organiser un casting par une agence de production. J’ai envoyé Audrey et par
chance elle a été prise. Tout s’est passé très vite, j’ai juste eu le temps de vous
faire passer un message.
— Qu... Qu... Qui est B ?!
— Chuchotez. Je l’ignore, j’ai juste intercepté une note où figurait ton nom
signé d’un unique B. Nous n’avons plus guère de temps. Sois très attentif à tout
ce qui te paraît étrange
— C’est facile : tout !
Il ferma les yeux, ébloui par le retour soudain de l'électricité.
— Je dois partir, j’ai pu trouver un moyen de rester discrètement dans les
parages. Je te surveille. De très près. Je te recontacterai, en attendant continue
de jouer les imbéciles et ne parle de moi à personne, compris ?
—Co... Co... Comment ça continuer de jouer les imbéciles !? Arrivé au bord, il
sortit de la piscine, furieux et menaça la voix, du doigt.
Baldred entra.
— Ecoutez, j’ai entendu une voix, non ? A qui parliez-vous ?
— A Annie Beaudit...
— Bien, très bonne méthode, s’exercer à voix haute, c’est le mieux.
L’accent est encore trop parisien : ce n’est pas âne y bondit,
plutôt haine y bow dit. N’est-ce pas ?
Pour le vocabulaire, nous y sommes presque. Bon, dans cette tournure
personne se dit plutôt nobody.
— Qu... Qu...Qu...
— Non, pas Ko, No, NObody. Thomas ! Une leçon à cette heure ?
Vous n’avez aucune pitié ? Cette coupure de courant était un peu
effrayante, non ? Vous frissonnez, voulez-vous passer un peignoir ?
L’apéro ne devrait pas tarder. j’ai doublé Aetherlith avec une
lampe frontale de mineur et un plateau qui faisait gling-gling,
c’est rassurant non ?
Ce garçon servirait l’apéro en enfer. A propos, j’ai plein de nouvelles.
20 novembre 2008
CHAILLOT D 1521
C'est assise là que j'ai dégusté ce spectacle vraiment très original , beau , drôle et vraiment formidable ,
une idée à la seconde , autour des jeux d'ombres , des ombres chinoises , de son ombre ....... ,
de sombreros ..... sombre héros de Philippe Découflé .
19 novembre 2008
Le bazar panoramique
Pour une fois , Allons dans bazar bien masculin ,un bistrot de la France profonde en version panoramique avec en fond sonore José et René qui nous racontent une histoire façon "brève de comptoir" à mourir de rire "
so enjoy !!
c'est LÀ
16 novembre 2008
LANDLORD # 50
AUJOURD'HUI UN ÉPISODE UN PEU SPÉCIAL , IL S'AGIT
" DES MALÉDICTIONS DE GLAYMORE "
ÉCRIT PAR LE RÉVÉREND AXEL BRODIE
CHAPITRE PREMIER
Le temps des géants
C’est dans un vieux manuscrit irlandais du début du IXe siècle que Glaymore entre dans
l’histoire :
And then began the tragic and more
Story of the cold Claymore
Adamnan Life of Columba,
Mais les hommes ont écrit leur histoire sur l’île depuis bien plus longtemps, sur un
matériau plus ancien et plus solide que le parchemin : la pierre. Les habitants successifs
de l’île, noyés dans le maelström des siècles attribuèrent les ruines de leurs prédécesseurs
à des dieux, aux bons voisins, aux mauvais, aux autres créatures légendaires, ou aux géants.
Même si nos îles restent peu étudiées, les anciens drames les hantent encore. Les hommes
hantent les rivages de Glaymore depuis plus de 7000 ans et leurs traces subtiles sont plus
lisibles que l’on pourrait le croire.
Les Small islands peuvent s’enorgueillir d’être le lieu habité le plus ancien d’ Ecosse, Les
datations au carbone 14 montrent que deux sites étaient occupés au Mésolithique, soit
autour de 7500 avant notre Seigneur. Le premier site se trouve sur l’île de Rum, dans un
champ proche de loch Scresort, au nord de Kinloch Castle. Le deuxième site se trouve
sur Glaymore, près de Clachan. l’île de Eigg possède sans doute d’autres sites de cette
période : des abris sous-roches dont l’entrée est jonchée de débris de coquillages.
On peut sans doute attribuer l’exceptionnelle conservation de ces sites au fait qu’ils
étaient placés non loin du rivage en des lieux rocheux et difficiles d’accès que les
habitants suivants ignorèrent, ou évitèrent.
La période néolithique (4000-2500 av J-C) est assez bien représentée
sur nos îles, principalement à Glaymore et Eigg : fragments de poterie à Canna et
Glaymore, haches de pierre à Eigg et surtout sites funéraires : le “Long Cairn” à
Eigg et le Giant’s cairn” à Glaymore. On trouve également sur ces deux îles les
fondations d’un étonnant habitat ovale rappelant des sites mieux conservés des
îles Shetland et datés de cette période.
Une quarantaine de cairns circulaires ont été relevés sur les Small islands, dont il ne
reste en général que les larges pierres des fondations. Nos gens les appellent les cercles
de fées, et il faut les avoir découverts au petit matin, ces cercles de pierres, pour croire
voir encore l’ombre de leur silhouette gracile esquisser un dernier pas de danse dans
la rosée.
Le cairn de Kildonna à Eigg est le seul à avoir été excavé, il a révélé une tombe viking
recouvrant un site préhistorique. Les cairns de Glaymore restent inviolés car suivant la
légende, ce sont les tombes des géants qui façonnèrent l’île et établirent les fondations
du château.
. Chaque cairn a sa légende, La plus singulière est celle du cairn de la reine Alba au
sommet du An Creag, nous y reviendrons. Sir Alexander, Laird de Glaymore, m’a un
jour assuré qu’il avait pu découvrir en explorant les souterrains du château qu’une
des plus anciennes tours avait pour fondation un cairn de la plus haute antiquité...
La beauté de ces vestiges émeut l’âme et ébranle l’imagination, combien de fois lors
de mes explorations solitaires des sites les plus anciens de Glaymore, me suis-je assis
pour me reposer et m'imprégner de l’épaisseur du lieu. En des temps si lointains que
l’esprit humain peine à les concevoir, à l’endroit où j’étais assis des hommes avaient
vécus, Des hommes et des femmes.
Ma vive imagination me peignait des scènes des temps antédiluviens et
je passai beaucoup de temps à chercher dans les publications scientifiques, les
illustrations qui évoqueraient mieux que des mots les images qui véritablement me
hantaient. Je les voyais dans une simplicité édénique, profitant des simples bienfaits
de la Nature, innocents comme aux premiers âges, avant que l’humaine corruption ne
précipite sur ces rives innocentes les vagues de la corruption et du péché.
Sur cette île comme ailleurs, sur cette île plus qu’ailleurs, les forces du mal allaient
se déchaîner, les créatures les plus innocentes n’eurent d’autres choix que de s’endurcir...
Ou d’être emportées par les forces les plus obscures...
Les géants avaient bien laissé aux hommes des messages de pierre, mais aveuglés par
Satan, les hommes perdirent la clé des Dieux, la clé des cieux, la clé des pierres.
L’histoire Terrible de Glaymore pouvait commencer.
LA SUITE AU PROCHAIN ÉPISODE !!!!!
14 novembre 2008
CHIC !! UN FILM EN ROBE
et bien voilà , un petit film à se mettre sous la dent !!!!
des robes et du sentiment et de la musique qui va avec
........
et ça se passe en Angleterre en plus
et avec le patient anglais
qui joue un rôle de méchant
et la belle pirate ( quoique un peu maigre ..) avec choucroute
luttant contre l'adversité et la bêtise humaine
le bonheur quoi !!!
10 novembre 2008
AVIS DE TEMPÊTE
UN GUETTEUR NAVIRE
DANS LES HAUTS DE HURLEVENT
VVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVV
LA FRAGILE FIGURE DE PROUE TIENT BON POUR L'INSTANT
................
ET LE BEAU CAPITAINE "LA FÉRAILLE" SE BATTRA
CONTRE LES ÉLÉMENTS DÉCHAINÉS
09 novembre 2008
LANDLORD # 49

50. Aethelfrith et les quarante serviettes.
En sortant de la chambre aux secrets, Thomas se sentait épuisé, il décida
de remettre la suite de la visite à plus tard. Ils descendirent l’escalier et
trouvèrent Aethelfrith à son poste dans le hall. Il s’affairait face à une console où
il pliait des serviettes blanches.
— Votre Grâce désire-t-elle prendre le thé ?
— Non merci, je crois que j’ai plutôt besoin de me dépenser un peu. Que faites
vous avec ces serviettes, c’est très joli.
— Merci Votre Grâce. Je m’entraîne. Dans son Traité des serviettes, Hoguereau
répertorie les quarante pliages traditionnels. On ne présente pas sur une table
convenablement dressée la serviette sans se soucier du menu et des convives,
suivant que le plat principal soit du gibier ou du poisson, que l’invité à honorer
soit Ambassadeur du Japon, ou membre de la famille royale. Certains pliages
sont assez complexes, et il importe de ne pas perdre la main. Aussi lorsque mon
service m’en laisse le loisir, je pratique afin de rester au meilleur niveau. Voici la
fleur de lotus, et ici la fontaine des dieux. De quelle manière Votre Grâce souhaite-telle
se distraire ?
— Un tour de Bugatti, Non ?
— Merci Baldred, je pensais plutôt à prendre un peu d’exercice. Que me
proposez-vous Ashleyfrousse ?
— Aethelfrith, si Votre Grâce souhaite pratiquer une activité sportive, le
château peut lui en proposer de très variées. Par exemple le croquet.
— Le croquet...
— Le croquet, Votre Grâce, est un jeu fort excitant, qui sollicite le corps autant
que l’esprit. Il consiste à frapper avec adresse une balle de bois au moyen d’un
maillet pour qu’elle passe sous de petits arceaux en un parcours qu’il convient
de réussir le plus rapidement.
— Oui, je connais ce jeu, une autre proposition Achelesfrites ?
— Aethelfrith, si Votre Grâce n’a pas l’habilité requise pour ce jeu d’adresse et
de stratégie, elle peut pratiquer l’équitation, les écuries du château sont réputées.
— Il y a des écuries ici ?
— Et de fort belles, dit Baldred, le responsable du haras avait été renvoyé par
votre prédécesseur, il faudrait songer à le remplacer.
— Ah ? C’est que je n’y connais rien en canassons, pour tout vous dire j’en ai
même un peu peur. Qui s’en occupe en ce moment ?
— Une des chambrières je crois, Bridget, non ? Elle monte depuis l’enfance.
— Très bien, vous demanderez à miss MacBeal de m’envoyer Bridget dès que
possible. Vous parliez d’autres sports Astrefliss ?
— Aethelfrith, Votre Grâce, je ne vous suggérerai pas une partie de polo qui
cumule le maillet et le cheval. En revanche, le château comporte plusieurs cours
de tennis, herbe et terre battue.
— Le tennis, c’est ce truc où deux dadais en short se disputent un jaune d’oeuf
avec des passoires plates ?
— Puis-je me permettre de déconseiller le criquet à Votre Grâce ? Ainsi que les
jeux d’équipes qui exigent un certain entraînement, et une équipe ? Il reste la
salle de gymnastique, la piscine, la salle d’escrime, la salle de billard, le champ
de tir : arc, arbalète, revolver, carabine, mitra...
— Il y a une piscine au château ?
— Certainement, une piscine d’eau de mer, olympique, chauffée avec sauna,
jacuzzi, plongeoir de douze mètres.
— Parfait, nager est à peu près le seul sport qui ne m’endorme pas
instantanément, sans doute la crainte de me noyer. Vous m’accompagnez,
Baldred ?
—Un secrétaire n’est pas un esclave.
—Alors rejoignez moi pour l’apéro, je vous suis Afterflip.
Il leur fallut un petit quart d’heure en suivant couloirs et coursives, en
traversant courette et patios, en descendant des escaliers droits et courbes pour
déboucher enfin dans quelque chose que Thomas n’avait jamais vu, ni même
imaginé.
Au pied de la falaise où se dressait Glaymore Hall, une faille abrupte
entaillait profondément la roche, c’est là, protégée par une verrière 1900,
qu’avait été installée une piscine immense. Le bassin était bordé de pierre
blonde. La structure métallique découpait le ciel en toile d’araignée qui se
reflétait en éventail glauque dans l’eau plus émeraude que turquoise. Dans de
grandes caisses en bois, des orangers et des citronniers, des palmiers et des
bougainvilliers se succédaient, rythmant les piliers de marbre qui soutenait
l’ensemble. Le fond de la faille avait été laissé brut, et, du roc brun, l’eau coulait
en cascade dans un premier bassin, pour ne pas troubler le miroir de la piscine.
Des lustres de cristal descendaient assez bas au-dessus de la surface pour les
bains nocturnes. Un élégant salon de jardin était placé face à la mer. Des bois
flottés aux formes fluides et animales servaient de supports à diverses plantes
épiphytes, en particulier des orchidées. Dans une chaleur de serre, des lianes
tropicales aux fleurs étranges s’accrochaient aux montants métalliques.
Aethelfrith le conduisit dans une sorte de cabane en teck et lui montra les
cabines ainsi que les placards où étaient rangés les maillots de bain et les
serviettes.
La lumière déclinait, des nuages noirs hâtaient le crépuscule et Thomas
ne put retenir un “ Ooooh” un peu ridicule quand Aethelfrith alluma les lustres
au moment où il sortait des cabines. Le butler, se retira après avoir assuré qu’il
reviendrait servir l'apéritif au moment propice.
La mer était grosse, des vagues impressionnantes s’engouffraient dans la
faille avec cette fameuse vitesse d’un cheval au galop, l’écume montait vers lui
en s’amplifiant pour éclater en geysers sur les derniers brisants et retomber en
pluie sur la verrière. Bulle dans la tempête, il se laissa glisser dans l’eau tiède. Il
fit la planche, les oreilles bercées par la rumeur des vagues claquant sur les
rochers qui soutenaient la masse du château.
Il fallait éclaircir la seule ombre au tableau, il fallait régler cette histoire de
fantôme. Il n’y croyait pas. Mais à peine sa voix mentale avait-elle proclamé
cette affirmation comme un défi qu’une irruption d’images atroces monta en lui
comme une vague, devenant plus distinctes en s’approchant puis refluant pour
mieux l’attirer. Ce vide, cette aspiration qui le laissait comme englué dans des
algues froides était le plus terrible, car, à y bien réfléchir, les seules images
affreuses disponibles lui venaient du cinéma : il s’agissait d’une horreur de
convention qu’il pouvait reconnaître. Seul le vide glacé pouvait encore lui faire
peur. Son expérience de la peur était trop commune, la réalité était trop
effrayante pour que les fantômes ne l’effraient vraiment. La conclusion aurait
dû l’aveugler bien avant : on le manipulait. Quelqu’un, le fameux B, voulait
l’effrayer, lui faire quitter l’île avant qu’elle ne devienne irrémédiablement
sienne. Il s’ébroua, glissa sur le ventre et entama une brasse énergique tout en
réfléchissant. Rien de ce qu’il avait vu n’était impossible à truquer. Il comprit
que ce qui lui avait été infligé ne faisait que recycler l’imagerie la plus banale du
cinéma d’horreur. Il atteignit le bord de la piscine, bascula et se propulsa dans
l’autre sens, il allait devoir repenser à sa condition physique. Il refit la planche
au milieu de la piscine. Il se sentait plus calme, plus clairvoyant, quand le ciel
noir se fendit d’un éclair compliqué, la verrière entière grelotta sous le coup de
tonnerre qui suivit immédiatement. Les lustres s’éteignirent et une voix toute
proche lui glaça l’oreille : “ Enfin, tu es seul...”

LA SUITE AU PROCHAIN ÉPISODE ............AAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!!!!!!!!






















