Le Petit Bazar de Betsileo

vrac de jolis plaisirs et petits bonheurs de l'enfance à partager..................

28 septembre 2008

LANDLORD # 43

LORDLAND_INTRO
43. Le Poochy IV, ou V.

Au Bout du monde, l’air parut soudain plus respirable après le départ du
Major Briggs. Thomas se sentait très performatif. Plus qu’il ne l’avait jamais été.

En linguistique, est performatif un énoncé qui agit, qui modifie le monde. Tous
les gens mariés savent à quel point la phrase “ Je vous déclare unis par les liens
du mariage” a transformé leur monde, même s’ils le mesurent en général trop
tard. Thomas avec son : “vous êtes viré” avait rendu sinon le monde, du moins
le bout, un peu meilleur. Il avait hâte d’être encore performatif et il chercha ce
qu’il pouvait encore changer à l’aide d’une simple phrase.

Une sonnerie ridicule de téléphone portable, un roucoulement, retentit.
Le barman disparut dans un recoin alors qu’il venait de poser trois verres
devant Scott qui les avait saisis et se dirigeait vers eux avec la tête universelle de
celui qui paye sa tournée.

— Le Landlord, je présume ? Dit-il.

— A message for the Landlord ! Clama le barman

— Ca c’est un boulot de secrétaire, non ? J’y vais ! Dit Baldred avec une tête de
jeune labrador sur un coup.

— Enchahbon ! Tenta de répondre en une seule fois Thomas, ce qui n’était plus
du tout performatif, ni même performant.

Le temps se figea vaguement autour de la table, puis reprit son cours.
Scott posa les verres et s’assit pendant que Baldred revenait avec un petit papier
qu’il tendit à Thomas.

— Merci. Vous avez un portable ? J’ai quelques coups de sans fil à donner et le
mien ne trouve pas de réseau.

— Il n’y en a pas dit Scott, pas de réseau, ni même de téléphone sur l’île.

— Pourtant j’ai bien entendu celui du barman sonner.

— Sonner ? Quelle genre de sonnerie Thomas ?

— Le genre de sonnerie à la con : rrrrouuuu rrrrouuuu...

— Une sonnerie de pigeon en somme. Dit Scott.

— Voilà, vous n’avez pas entendu roucouler un téléphone ? Le barman
répondu et il y avait ce message pour moi.

—Pigeon voyageur, c’est ce qu’ils ont ici, c’est ridicule non ? Mais ça marche.
Thomas regarda ses deux interlocuteurs. Des pigeons.

— Vous en avez au château, dans le colombier, ils sont élevés par le vieux
MacMillan. Et un pigeon MacMillan ne tombe jamais en panne, dit Scott
éclatant d’un étrange rire nasal qui semblait mobiliser tous les muscles de son
visage.

— Je l’ignorais, mais j’ignore encore beaucoup de choses.

— C’est une bonne manière de commencer. En ce qui me concerne je suis votre
homme. Je n’avais pas a priori beaucoup de considération pour un nouveau
Landlord, mais en deux jours, vous avez fait très fort : abandonner ce stupide
rituel de bienvenue, et virer ce porc de Briggs, à votre santé !!

Ils trinquèrent. Thomas avait la science des visages, et celui de Scott était
celui de la confiance, de la franchise, de l’humour, de l’énergie à entreprendre.
reconnut les affinités cachées. Il avait le visage les huit signes auspicieux
l’amitié que seuls savent reconnaître les initiés. Il fallait sceller cette nouvelle
alliance.

— Merci, alors vous êtes le capitaine du Poochy IV ?

— Ou V.

— Ah c’est le Poochy V ?

— Non, le Poochy IV, ou V. c’est son nom.

Thomas avait la science des visages, et celui de Scott venait
s’assombrir sans qu’il puisse comprendre pourquoi. Il fallait chasser ce léger
nuage.

— C’est original, IV ou V, n’importe c’est drôle de donner à un bateau un nom
de chien...

Thomas avait la science des visages, et ça allait chier.
Scott avait abattu son verre sur la table, son regard se voila. Il se leva,
voulut dire quelque chose mais préféra sortir à grandes enjambées, en copie
inversée de Briggs quelques instants plus tôt. Le silence qui suivit ne fut troublé
que par la sonnerie du pigeon, dans son recoin.

— Baldred, j’ai dit quelque chose ?

— Toute cette sensiblerie, c’est stupide, non ? Ces marins sont plus supersti-
cieux que des vieilles filles. Ce gars-là traverserait un ouragan en riant, mais si
vous prononcez le mauvais mot à bord, et même à terre, il vous en chie une
horloge comtoise avec les aiguilles, le carillon et le contrepoids. Apparemment il
y a un problème avec le nom du rafiot. Poochy. Je chercherai. On s’excusera,
non ? Il y a toujours un rituel de ravaudage. Que disait le pigeon ?

Thomas tenait encore le tube de papier entre ses doigts, il le déroula et
lut : “ Je suis au regret de ne pouvoir vous rencontrer aujourd’hui, comme
convenu, j’espère que vous me pardonnerez. Si au pub vous rencontrez Scott,
ne parlez pas de chien, je vous expliquerai. A très bientôt, Votre Betty Burke.”

— Votre Betty... releva Baldred.

— Ce n’est qu’une formule de politesse. Je vous jure que...

— Ne jurez pas ! Après ce que j’ai vu, je ne vous donnerais pas à garder le cul
d’un santon. Des politesses ! Je suis sensé réconforter une loque épuisée par son
combat avec les forces de la nuit et je vous trouve à moitié nu en train de faire le
diguini avec le petit personnel.

— Baldred, Comment on répond à un pigeon ?

— Avec un contre pigeon ? Au château, je suppose. Nous pouvons être à l’heure
pour le déjeuner.

— Alors on rentre, allons chercher l’Aston Monique, j’ai un coup de pigeon à
passer.

CHATEAU

ET LA SUITE AU PROCHAIN COUP DE PIGEON euh ! ÉPISODE ................

ET BON ANNIVERSAIRE !!!!
lordland_fin

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26 septembre 2008

LE CULTE DE L'INUTILE

Cette styliste chinoise enterre ses tissus , plante des graines dessus , laisse le temps et la nature faire , récupère les tissus et crée à partir de ce matériel des vêtements usés
des merveilles
son nom
MA KE

cliquez dessus pour voir plus de photo et d'image


make_1

make_2

make_3


make_4

source :http://www.fascineshion.com/make
http://studiohybride.canalblog.com/
http://www.aufeminin.com/

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25 septembre 2008

UN REGAL !!!

Entre the salon première vision , le début des collections hiver 2009/10 et été 2010 , Une
petite minute volé pour vous annoncer que les nouvelles recettes sont arrivés à
LA GRAINETERIE DU MARCHÉ D'ALIGRE
ET EN PLUS "REGAL" LEUR CONSACRE UNE BELLE DOUBLE PAGE

_regal_3


_regal_1

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c'est un endroit vraiment magique et super gourmand
sortit tout droit des années 50
et d'origine s'il vous plait

__r_pates

les deux dernières recettes toutes prêtes sont d'influence indiennes de l'inde
"RIZ BASMATI AUX ÉPICES " ET " LENTILLES CORAILS COCO CURRY "

_r_lentilles

MIAM ! MIAM !

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21 septembre 2008

LANLORD ÉPISODE # 42

LORDLAND_INTRO
42. Tout vient à point...



—Monsieur Briggs...

—Major, si ça ne vous fait rien, à la légion...

—Ils n’ont jamais entendu parlé de vous, Monsieur Briggs, dit Baldred en
ramenant trois bières, votre livret militaire est vierge, en revanche votre casier
judiciaire...

— Ah ! La prison, fit Thomas, d’où le tatouage des trois points, ils signifient
Mort aux Vaches, n’est ce pas ? Hugo en dit quelque chose dans les Misérables, je
crois. Que veut dire l’autre ?

— Je... Commença Briggs, mais Baldred fut plus rapide.

— Seul dans ma cellule, n’est-ce pas ? Coincé entre quatre murs, très primaire.

—Ah ? J’ignorais. Donc, Monsieur Briggs, je disais que vous alliez devoir faire
preuve d’un peu d’ouverture d’esprit, ne pas rester prisonnier des vieilles
habitudes... Les choses vont un peu changer ici.

— Changer ? Gronda Briggs en soufflant comme un taureau furieux dans la
mousse de sa bière.

— Changer. Pour commencer, pourriez-vous nous dire de qui nous devons nous
méfier ? Il y a bien une ou deux fortes têtes, des subversifs, des communistes...
Hein ? Major...

Le regard de Briggs s’éclaira, il regarda ses interlocuteurs avec une nuance
nouvelle de respect. Il carra les épaules.

—Il y en a deux.

— Autant que ça ! Comment est-ce possible ?

— Attention, hein ! J’avais prévenu le vieux, vous trouverez sans doute mes
rapports dans mon... dossier, dit-il en jetant un bref regard à Baldred. Mais vers
la fin, le Landlord c’était plus ça. Il s’est fait avoir comme un bleu.

— Les noms, Briggs.

— Le premier c’est Scott MacLeod, le bamboula qui s’occupe de votre bateau.

— Mon anglais n’est pas terrible, précisa Thomas, c’est quoi lebanboolah ? Un
terme de marine ? Un grade ?

— Bon, depuis un bon moment, les gens d’ici ont émigré un peu partout,
Amérique, Australie, Afrique, les écossais on en trouve dans tous les coins,
même les plus paumés. Bref : voilà qu’il y a trois ans nous débarque au ferry de
Mallaig un noir. Les gens d’ici, la plupart n’en avaient jamais vu. Attroupement
sur la jetée, et voilà mon nègre qui ouvre son sac, qui sort un bag pipe, une
cornemuse quoi, et se met à jouer comme un highlander... Figurez vous que ce
negro est le dernier descendant d’une des plus vieilles familles de l'île, il paraît
même qu’il descendrait du roi des Iles ce singe, un cousin à vous quoi ! Ahi !
Ahi ! Ahi ! Son père, un Macleod de chez Macleod, était devenu bwana à
Bwanaland en épousant une bwanalandaise, et il a élevé son fils dans les
traditions. Et voilà le Scott qui revient sur la terre de ses ancêtres.
Le vieux avait besoin d’un type pour retaper son sabot, le Poochy IV, ou V.
Vous les connaissez, ces gars-là, avec leurs quatre mains, ils font ce qu’ils veulent
dans les mats, et puis à la manoeuvre, un vrai chef, mais une tête de cochon,
une vraie. Il en a rien à foutre de rien. Je l’ai déjà entendu dire que l’île devrait
appartenir à ses habitants, voyez le genre.

— Scott MacLeod, vous avez noté Baldred ? Nous irons lui faire une petite
visite...

—Pas la peine, dit Briggs en levant son verre en direction de la porte, l’est plus
souvent au pub que sur votre bateau, le Scott.
Thomas tourna la tête pour découvrir le capitaine de sa flotte et soupira.
L’homme qui se dirigeait vers le bar semblait avancer sur le podium d’un défilé
de mode. Il y avait un problème de beauté sur cette île. Beaux, ils étaient tous
beaux. Baldred et sa tête de prélat qui pousse l’élégance jusqu’à ne pas croire.
Asleumeuneufeu, le butler et sa discrète prestance de prince nocturne.
Beesthooket et sa silhouette fluide de Fred Astair. Nasdine Bahar, le mince
sultan des fleurs. Même le blond Briggs qui sentait à plein nez le sable chaud
était beau, et le barman, et les femmes !... Tous sauf lui.
Scott MacLeod se fit servir un verre et s’accouda au bar sans leur
accorder un regard.

—Vous parliez d’une deuxième personne...

Briggs eut un sourire répugnant qui avertit Thomas que le major allait
parler d’une femme.

— Betty Burke, la soi-disant institutrice.

— Pourquoi elle n’est pas institutrice ?

— Elle s‘occupe des enfants, mais aussi des parents, des affaires des autres et
fourre son joli nez partout. Je voulais... régler le problème, mais le vieux en avait
peur.

—Elle n’est pourtant pas très effrayante.

—Dépend, on raconte qu’elle serait la dernière descendante des Macforthy.

— Je croyais qu’ils étaient tous morts, depuis longtemps.

— C’est dans le livre du révérend, dit Baldred. Chapitre 6 ? Un légende dit
qu’un des fils échappa au massacre et qu’un jour un descendant de Trévor
viendra demander des comptes au Landlord. Ou chapitre 7.

— La mauvaise nouvelle, c’est qu’elle est la propriétaire de Mara House, une
sorte de petit manoir Le seul endroit de l’île que vous ne possédez pas. Elle est
également la seule à avoir une voiture : une femme au volant, la mort au
tournant ! Ahi ! Ahi ! Ahi !

— Et la bonne nouvelle ?

— Elle a le feu au k...ilt ! Ahi ! Ahi ! Vous voulez un conseil de spécialiste ?

— Si je n’ai pas le choix...

— Ne lui courez pas trop après, la Betty Burke, comme dit le proverbe : toutes
viennent à poil à qui sait attendre, Ahi ! Ahi ! Ahi !

— Briggs ?

— Ahi ! Ahi ! Oui ?

—Vous êtes viré, dit Thomas d’une voix assurée et tranquille qui stupéfia le
major et coupa net son braiment.

— Co...comment ?!

— Exactement comme ça se prononce, non ? V.I.R.E accent aigu, épela
Baldred. Votre contrat stipule que le Landlord peut mettre fin à votre
engagement sans préavis. Dans son infini bonté, Sir Thomas vous autorise à
rester sur l’île jusqu’à ce soir 17 heures, départ du ferry pour Mallaig. Passé ce
délai vous pourrez être poursuivi pour entrée par effraction dans une propriété
privée, bris de clôture, stationnement prohibé et tapage nocturne, de plus
conformément aux us et coutumes en vigueur dans la bonne île de Glaymore,
votre bannissement autorise la population à vous conspuez et à vous jetez
immondices et ordures telles que crottes de chien, charogne de rat...

— Colique de mouette, dit Thomas.

— Vomi de porc, dit le barman.

— Vieux balais de chiottes, dit Scott qui s’était approché

— Amen, conclut Baldred, La révolution n'est pas un dîner entre amis. La
littérature non plus. Il leva la main comme pour bénir Briggs et ajouta :
L'inquiétude sera ton pain.

Blême, Briggs se leva, pointa son doigt menaçant vers Thomas et Baldred
puis sans avoir pu trouver ses mots, quitta le pub.

tete_de_mort


Hèlas , oui : la suite dimanche prochain ..............

lordland_fin

Posté par zoechiffon à 00:13 - LES ÉDITIONS DU BAZAR DE BETSILEO PRÉSENTE : - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 septembre 2008

A LA VOLETTE !!

Alors voilà , j'étais en train de prendre cette photo , quand soudain un oiseau s'est posé
sur cet drôle d'arbre en bois souple puis dur  dont on fait des cannes ou d'amusant porte-manteau en corse . J'ai pensé à Racheloo et à ses photos d'insectes et j'ai continué
d'appuyer sur le bouton de mon appareil ................

tree_1


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des photos pour Rachel ......

Posté par zoechiffon à 21:02 - MON PETIT MONDE - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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14 septembre 2008

LANDLORD ÉPISODE # 41

LORDLAND_INTRO
41. Druimindardshealch, terre de contrastes.

— Achetons Martine ! J’avais dit : “discret...” et vous nous sortez cet engin !

— Vous aviez dit “ élégant ”, c’est une Aston Martin DB6, on n’a rien fait de
plus élégant depuis le cou d’Audrey Hepburn.

— J’avais dit élégant et discret, et elle est orange !

— Vous croyez ? Ce n’est pas moutarde ?

— Non, c’est orange année 70, le pire souvenir d’une enfance pourtant
heureuse. Et j’entre dans mon village pour une discrète, mais élégante,
immersion périscopique dans une Martine orange. C’est ça mon village ?

— Druimindardshealch, c’est plus gai en Aston Martin, non ?

— Putain, on dirait une photo de la guerre, en noir et blanc, ou un décor...
Oups ! Attention Baldred, ou on va y aller dans le décor !

— Parfois, Thomas, vous me terrassez.

— Garez-vous devant la jetée, à quel sujet ?

— Je vous quitte hier soir, tremblant de peur, et je vous retrouve ce matin, en
train de jouer à Tarzan sur les lustres, en kilt, et de faire des galipettes avec les
chambrières. Alors, je vous le dis, vous me terrassez. Mao a pourtant dit :

«Il est plus utile de tuer des moustiques que de faire l’amour.»


Je frémis à l’idée de ce que je vais découvrir demain matin.

— Moi aussi, croyez-le bien. C’est dommage, il pourrait être ravissant ce petit
port. Il a vraiment dit ça Mao ? Pourquoi le laissent-ils ainsi à l’abandon ?

— La coupe jusqu’à la lie, n’est-ce pas ? Soit : «L'existence sociale des
hommes détermine leur pensée.» Il a dit ça aussi. Ces bâtiments vous
appartiennent, tous, pourquoi entretiendraient-ils ce qui vous appartient ?
Oui, les bateaux de pêche aussi.

— Aha ! Mais celui-ci, là, le grand, il est splendide, un riche touriste sans
doute ?

— Votre yacht... le Poochy IV, ou V. Mais voici le Major Briggs. Nous marchons ?

La capitale de Glaymore se nichait au fond d’une jolie petite baie presque
fermée par un îlot, une étonnante jetée de pierre délimitait le port où se
pressaient des chalutiers et des embarcations diverses d’un coté, et de l’autre,
majestueux et solitaire, le Poochy IV, ou V. Sur le quai se serraient quelques
pittoresques mais grises maisons de pêcheurs. Deux rues venaient déboucher sur
le port. L’une conduisait à la petite église blanche qui dominait le village, l’autre
permettait de rejoindre l’unique route qui faisait le tour de Glaymore. De
l’endroit où se tenait Thomas, le tableau était charmant, quoiqu’un peu triste
malgré un assez joli soleil qui jouait entre les nuages.

Le major Briggs portait un étrange imperméable dont la ceinture était
serrée, ce qu’il n’avait plus vu depuis... Blake et Mortimer. Le major utilisa pour
lui serrer la main la méthode que Thomas n’avait jamais vu pratiquer que chez
les vrais imbéciles : au lieu d’attendre que les deux mains s’emboîtent pour
exercer une pression raisonnable, ils serrent avant, le plus fort possible, en
écrasant les doigts. En cherchant à dégager sa main, il nota les trois points
tatoués entre le pouce et l’index.

— Alors, on fait du tourisme ?

— Vous voyez... on pourrait commencer par la mairie.

— Pourquoi faire ?

— Pour voir le maire.

—Le maire ? C’est très facile dit le Major Briggs, vous l’avez vu ce matin en
vous rasant. C’est une île privée, vous êtes le boss. C’est tout.

— Mais les habitants ont bien des représentants, un chef, comment Sir lawrence
dialoguait-il avec eux ?

Briggs eut une sorte de gloussement.

— En général, Sir Lawrence ne dialoguait pas, il ordonnait, parfois ça passait par
le révérend et parfois par moi. Une partie de mon travail consiste précisément à
ce qu’il n’y ait pas de chef. Quand le Landlord m’a recru... engagé, il y avait une
sorte de petite agitation ici, autour d’un dénommé Bobby qu’avait été à Londres
et qu’en avait ramené des cheveux et des idées. Ca s’agitait, ça parlait, ça disait
des gros mots : Libération, Coopérative, Indépendance, Révolution ! Autant
dire la casbah scottiche, les fellouzes en kilt.

— Et ?

— Et ben je vous ai dit, le vieux m’a engagé.

— Et ?

— Vous voyez, luxe calme et volupté. C’est très calme, pacifié, comme qui
dirait, apaisé ; limite on s'ennuierait.

— Et...Bobby ?

— Perdu en mer, corps et biens, surtout corps. La loi de la mer, elle prend, elle
donne, elle prend. Respect.

— Je boirai bien quelque chose, il n’y a pas un pub ?

Le visage de briggs marqua une brève stupéfaction. Il dévisagea Thomas
d’une manière qui lui rappela ceux du vigile d’Armani et de Bob le découvrant,
regard signifiant à peu près : “ Qui c’est qu’ a chié ça là et qu’a pas nettoyé ?”

— The World’s End, c’est juste à l’angle, dit Baldred.

— Vous n’allez pas aller là-bas ? Dit Briggs, Sauf votre respect, ce n’est pas
votre place.

— Pourquoi, il n’est pas à moi ce pub ?

— Si, mais...

— C’est la première fois que j’ai un pub à moi, je veux aller jouer avec mon
pub.

A cette heure, l’établissement était vide, le barman n’afficha aucune
émotion devant cet afflux de clients. Baldred alla chercher les bières, tandis que
Thomas affrontait son chef de la police.

— Vous parlez un français remarquable, Monsieur Briggs...

— Cinq ans de légion étrangère. On finit par retenir quelques phrases.

— La prison aussi, ça laisse du temps.
Briggs eut un mauvais sourire en frottant son tatouage, en découvrant un
autre sur le dos de sa main gauche, quatre points en carré et un au milieu...

THE_WORLD__Z_END

LA SUITE AU PROCHAIN ÉPISODE

lordland_fin

Posté par zoechiffon à 00:02 - AMIS DU CLUB DE LA PLUME, BONSOIR ! - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 septembre 2008

MAIS QUESQU'ELLE ÉCOUTE ?

THE TINGS TINGS BIEN SUR !!!!

Posté par zoechiffon à 20:41 - BONBONS SONORES - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 septembre 2008

IRRESISTIBLE !

CONNAISSEZ VOUS çA ?
gu_1


ET çA
gu2

ET çA ?
fru


AUTANT DIRE QUE J'ÉVITAIS LES MONOP À CAUSE DE CES clic" CHOSES "

MAIS ME VOILÀ POURSUIVIT JUSQUE DANS MON FRANPRIX GLAUQUE DE LA RUE SAMBRE & MEUSE
OU PERSONNE JAMAIS NE VA TELLEMENT IL EST TRISTE ....
AVEC WITNEY HUSTON QUI CHANTE " AND I I I I WILL ALLLLWAYSSSSS LOOOOOOOOOOOOVEEEEEEEE YOUUUUUUUUU "
OU ALORS AVEC UN MORAL D'ACIER , LA CAMBUSE VIDE , LE NEZ DANS LA LISTE DES COURSES


AH !! TENTATION FATALE.........


et mon tour de taille alors ?

Posté par zoechiffon à 17:56 - GOURMANDISES - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 septembre 2008

MAIS QUESQU'ELLE ÉCOUTE ?

MARTINA TOPLEY BIRD EN CE MOMENT ............

Posté par zoechiffon à 19:53 - BONBONS SONORES - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 septembre 2008

LANDLORD # 40

LORDLAND_INTRO
40.Un mystère résolu.

Bad news, bad news to old England came,
Bad news to fair London Town,
There was a rich vessel and she's cast away, cast away, cast away,
And all of her merry men drowned.

La mer s’était calmée, à peine une légère oscillation. Un combat dont il
n’avait aucun souvenir avait été mené et... gagné... perdu ? Un naufrage avait
sûrement eu lieu. Il devait faire partie des rescapés. La brume se dissipait à
peine. Il tenait un cordage ou une chaîne, il s’y cramponna, saisi d’un léger
vertige. Devait-il déjà ouvrir les yeux ? Son esprit émergeait trop lentement
d’abysses aveugles. La hauteur probable l’effrayait, il n’aurait pas dû se balancer
ainsi !

Il discerna la chambre et le lit dans lequel il aurait dû être...s’il en était
tombé, il ne le verrait pas ainsi comme s’il était au plafond.

La porte s’ouvrit à la volée et les chambrières envahirent la chambre en
poussant des cris joyeux, les rideaux furent ouverts, une lumière dorée leur
découvrit le lit vide et leurs exclamations montèrent jusqu’au lustre auquel
Thomas s’accrochait comme un désespéré. Elles se mirent à le chercher en
l’appelant mi-rieuses mi-impérieuses, sous le lit, dans les vastes armoires, parmi
les pièces d’armure qui attendaient dans un coin d’être remontées, derrière les
rideaux. La chambre étaient grande et elles cherchèrent avec entrain,s’interpellant en riant jusqu’à ce que l’une d’elles, Billie, ne l’aperçoive et ne le désigne sur
un mode plus aigu à ses consoeurs.

Thomas fit un petit signe de la main qu’il regretta aussitôt, elles crièrent
en portant leurs paumes à leurs bouches ouvertes par un cri de frayeur. Il se
cramponna plus fermement, raffermit sa position et baissa les yeux pour trouver
une prise plus commode pour ses jambes, puis glapit d’horreur en découvrant
que son bas-ventre s’était couvert d’une affreuse toison à longs poils noirs et
blancs, la malédiction des MacForthy l’avait frappé !

Il rouvrit les yeux et découvrit que, sur son lustre, il ne portait plus son tshirt,
mais un kilt avec toutes les options, en particulier le petit sac en poil de
chèvre qui lui avait causé une si grande frayeur.

En bas les rires et les commentaires fusaient, certaines lui faisaient signe
de sauter, d’autres de ne pas bouger. L’une commença une pyramide de chaises,
l’autre amena édredon et oreillers pour délimiter une aire d’écrasement à
l’aplomb du lustre. Thomas regardait l’horizon d’un air absorbé.
Que foutait-il en kilt sur ce lustre ?
Le fantôme n’appréciait apparemment pas qu’il lui échappe grâce au ri**tril, et
il se vengeait d’armure en kilt en cherchant à le ridiculiser.
C’était évident. Son esprit endormi abandonnait son corps à l’imagination
apparemment fertile du vieux Trevor. Dans quel endroit,et dans quelle tenue se réveillerait-il le lendemain ?

Billie parvint à attirer son attention ; il semblait que quelqu’un prenne
enfin en charge son sauvetage et il se pencha sur la proposition. Les cinq jeunes
filles avaient tendu une couverture comme les pompiers dans les vieux films et
semblaient désirer qu’il saute : Please your Highness, jump, jump !
Thomas aurait préféré une échelle, mais vue la hauteur, il en aurait fallu
une double. Il regarda les chambrières qui tiraient sur la couverture en gonflant
leurs mignons biceps. Supporteraient-elles son poids ? Il pesait 6... bon, 70... 80
kilos, mettons 85. Divisé par 5...
Jump comme le cheval de Lucky Luke, Jolly Jumper, le joli sauteur, c’est vrai qu’en français c’était un nom à la con. C’était lui le con, oui ! Le Landlord perché,
L’écossais volant, le joli sauteur ! Et elles riaient en tendant la couverture et en l’encourageant à sauter.

Ce qu’il finit par faire en essayant de le faire avec élégance. Il tomba avec
majesté dans la couverture, mais malheureusement, dans leur fougue, les jeunes
filles ne se contentèrent pas d’amortir sa chute mais, tirant de toutes leurs forces,
elles le renvoyèrent en l’air cul par dessus tête.
Et c’est comme suspendu en l’air, la tête en bas, un petit courant d’air frais
lui remontant la rue du quai que Thomas, Landlord de Graymore entendit la
voix de Baldred déclarer :

— Que porte-t-on sous un kilt et le monstre du loch Ness. J’ai sous les yeux la
réponse à l’une des deux vieilles énigmes écossaises... Peut-être même les deux...


Si cette énigme vous intéresse, vous pouvez regarder la photo suivante. Pour les âmes sensibles,l’auteur conseille de regarder la reine droit dans les yeux...et nulle part ailleurs.
queen

Et suite à dimanche prochain !!!

lordland_fin


Posté par zoechiffon à 00:02 - LES ÉDITIONS DU BAZAR DE BETSILEO PRÉSENTE : - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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